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CCI Paris Ile de France

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Publié le 7 décembre 2018

Former au français professionnel le personnel d’une boutique de chocolat au Pérou

former au français professionnel

Entretien avec Véronique Trenty, lauréate 2018 du DDIFOS

Véronique Trenty est formatrice en Français Langue Étrangère depuis plus de dix ans. Elle a débuté sa carrière professionnelle en tant que formatrice en communication écrite et orale dans les entreprises, puis en tant que recruteuse à Genève.

Récemment diplômée du DDIFOS, Mme Véronique Trenty a accepté de répondre à nos questions pour présenter son projet pédagogique : « Former en français le personnel d’une boutique à thème ».

Comment avez-vous choisi votre sujet ?

Un peu par hasard car à Lima, le français n’est pas très répandu comme langue de travail. Il est plus utilisé pour valoriser un CV ou des études.

J’ai prospecté un peu les hôtels et puis finalement j’ai trouvé une boutique / chocolaterie Choco Museo qui vante les mérites du chocolat péruvien, son histoire et propose également des ateliers pour fabriquer du vrai chocolat.

C’est une boutique très touristique qui essaye de valoriser le patrimoine péruvien.

Pouvez-vous nous parler de votre projet ?former au français professionnel

À l’issue de la formation, les employés de cette chocolaterie doivent être capables de s’adresser aux touristes francophones dans leur langue pour prendre les commandes de boissons et petite restauration, les renseigner sur les différents produits en vente et les inciter à suivre un atelier.

Le programme est essentiellement basé sur l’oral. Il y a eu toute cette recherche du vocabulaire sur le chocolat, les instruments utilisés etc. j’ai dû aussi traduire toutes les étiquettes. Le lexique était également utile pour expliquer aux clients ce qu’ils allaient faire pendant les ateliers.

Ensuite, en Amérique latine, le « vous » est très peu utilisé. Le tutoiement est bien plus courant, donc j’ai insisté sur le « vous » car les clients français apprécient qu’on les vouvoie.

Avez-vous rencontré des difficultés dans la mise en place de votre projet ?

Je n’ai pas eu de difficulté à convaincre les gérants de la boutique de participer à ce projet. Par contre, je ne pouvais pas leur proposer quelque chose de trop long parce que même s’ils étaient d’accord sur le principe, la formation devait être très rapide.

De plus, bien que les employés maîtrisaient une langue étrangère (anglais), ils ne parlaient pas français Lorsque j’ai créé cette formation de 15h pour des personnes débutantes, je me suis donc demandée : est-ce qu’elle va véritablement leur être utile ?

Et puis au fil de mes recherches et de la conception du programme, je me suis rendue compte que certes ils ne sauront pas, après 15h, parler français. Mais ils auront appris d’une certaine façon de se présenter, de dire les choses.

Mais pour cela, il me fallait développer des outils qui soient très simples, ce qui demande toute une recherche au niveau de la structure du programme à proposer.

Je me dis aussi que leur formation pourra les encourager à continuer leur apprentissage du français ou servir à valoriser la boutique auprès de touristes étrangers.

Quelle est la place du français professionnel au Pérou ?

Comme je vous l’ai dit, le français n’est pas très répandu comme langue de travail. Néanmoins, je pense qu’il peut y avoir une demande.

Proposer une formation en français professionnel nous encourage à nous pencher sur ce qui peut être utile pour la personne. On ne peut pas faire tout ce qui est prévu dans un manuel de FLE classique, il faut aller au plus près de ce dont la personne a besoin. Au départ, elle a besoin que ce soit efficace : elle a un souci de rentabilité vis-à-vis de son entreprise, elle doit remplir des objectifs.

Nous sommes là pour l’aider et une fois qu’elle a appris tout ce dont elle avait besoin, elle s’intéressera peut-être dans un second temps au français général.

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