Affaires /

Parler d’un marché économique

B2

À travers l’exemple de l’industrie française du jeu vidéo, vos étudiants apprendront à décrire un marché économique, à présenter des données chiffrées et à situer un secteur dans un classement national ou international.


Domaine : Affaires /

Niveau : B2 /

Préparation au DFP : Oui

Durée : 2h

Savoir-faire langagier(s) : Décrire un marché économique, exprimer des données chiffrées et un classement

Outils langagiers : Le lexique de l'économie et du classement, les prépositions

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RFI – AUJOURD’HUI L’ÉCONOMIE du 12/12/2025, Pourquoi la
France est toujours un grand du jeu vidéo mondial, par Stéphane Geneste, 3’14

Marion : Aujourd’hui l’économie avec Stéphane Geneste. Bonjour Stéphane.

Stéphane Geneste : Bonjour Marion.

Marion : Ce matin on s’intéresse aux jeux vidéo. Ils ont eu droit cette nuit à leurs Oscars, les Game Awards, qui se déroulaient à Los Angeles. « And the game of the year is…mon ami Clair Obscur – Expedition 33 ! »

 

C’est donc ce jeu français Expedition 33 qui a été élu meilleur jeu vidéo de l’année. Il a en tout remporté neuf trophées, Stéphane, un véritable triomphe. Illustration que la France est toujours un grand du jeu vidéo mondial.

 

Stéphane Geneste : oui et c’est simple le jeu vidéo en France c’est la première industrie culturelle, devant le cinéma, devant la musique ou le livre, avec 5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022. Près de sept Français sur dix jouent, ce qui fait de cette activité le premier loisir du pays.

La demande est donc là, l’offre aussi elle l’est. Le pays compte 1 300 studios, avec 20 000 emplois directs, dont une grande majorité en CDI. C’est d’ailleurs un point important, on y reviendra car dans une industrie internationale souvent marquée par la précarité les studios français sont plutôt stables.

Marion : ce qui fait aussi que la France se situe dans le top 10 mondial et occupe la troisième place européenne.

Stéphane Geneste : exactement. Alors on ne doit pas refaire l’histoire, même si c’est passionnant. Alors en quelques mots. Dès les années 80 et 90, la France a vu naître des studios qui sont aujourd’hui des mastodontes. Et ce qui est intéressant, c’est que les jeux qui y sont conçus ont une « patte », une identité, et qu’il y a un soin particulier de l’esthétique, du récit, avec des valeurs souvent européennes ou a minima françaises. C’est ça qui qui plaît. Les studios tricolores exportent même leurs jeux dans le monde entier et rencontrent évidemment un très grand succès.

Marion : et puis Stéphane, on peut aussi noter que la France forme certains des meilleurs talents au monde.

Stéphane Geneste : c’est effectivement l’un des points clés, Marion. Les écoles alimentent un vivier permanent de talents qui irriguent non seulement les studios français, mais aussi du monde entier, comme, par exemple, Nintendo pour ne citer que lui.

 

Par ailleurs et c’est un peu lié, les écoles sont dans toute la France. Des pôles d’excellence plus que dynamiques s’y sont créés, comme à Montpellier – là où justement a été développé Clair Obscur–, mais aussi à Lille ou Lyon. Les régions comprennent que le jeu vidéo, ce sont des emplois qualifiés, qui attirent les talents et surtout qui dynamisent l’écosystème local.

 

Marion : d’ailleurs les collectivités et même l’État soutiennent la création.

 

Stéphane Geneste : c’est vrai, avec un crédit d’impôt qui rembourse une partie des dépenses de production, ou le fonds d’aide du Centre national du cinéma pour soutenir les studios indépendants. Stratégie aussi de l’État avec le plan France 2030 qui identifie le jeu vidéo comme une industrie stratégique. Et puis Marion, il y a un pilier totalement inattendu qui est pourtant déterminant, c’est l’assurance chômage. Oui, oui parce que concevoir et développer un jeu vidéo indépendant, ce sont des mois de travail, voire des années sans revenu avant la sortie. Là, ni les banques ni les investisseurs ne financent ce type de projet, c’est trop risqué donc pour beaucoup de jeunes studios, s’appuyer sur ces aides sociales c’est une solution pour vivre et travailler. C’est donc un avantage comparatif très français, si l’on peut dire, qui encourage l’expérimentation et ça marche, c’est donc tout cela Marion qui permet à la France de consolider sa place et de jouer pleinement dans la cour des grands

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