RFI – Émission 7 milliards de voisins du 20 décembre 2016, « Afrobytes » de 21’24’’ à 25’26 (2’44 »)
Haweya Mohamed :
Alors donc Afrobytes comme je vous le disais c’est un pont entre la tech africaine et la tech européenne. L’idée pour nous est aussi de créer un pont équilibré, l’objectif étant en effet de mettre la tech africaine au cœur des débats. Là par exemple, mon associé qui s’appelle Ammin Youssouf, revient de Bamako. Il a aussi présenté les activités d’Afrobytes… Il part prochainement aux États-Unis aussi pour sensibiliser un certain nombre d’acteurs là-bas. L’idée c’est en effet de…
En fait ce qui s’est passé, c’est qu’on est allés sur le terrain. On est vraiment des gens de terrain. On est allés voir les tech hubs. Vous savez ce sont les structures d’encadrement, l’équivalent du NUMA ici en France. On est allés les interroger, on a recensé leurs besoins.
Sandrine Mercier :
Vous êtes allés où par exemple ? Par exemple il y a des tech hub à Dakar.
Haweya Mohamed :
Exactement, on est allés voir… On connaît bien le CCIC, on est allés au Kenya voir I Hub, qui est un des plus grands hubs d’Afrique. On est allés au Rwanda, on est allés en Éthiopie. Donc on les a interrogés, on a recensé leurs besoins et ce qui revenait très souvent c’était « on a besoin de visibilité, on a besoin de fonds et on a aussi besoin de partenariats solides ».
C’est comme ça que l’idée d’Afrobytes est née, de cette dynamique et surtout de ces besoins. On leur a dit, on va essayer de travailler pour vous. Et donc, Afrobytes est localisé donc en effet à Paris. Parce qu’on est proches des médias, comme je vous le disais les médias ont un rôle très important. Et on est plus proches aussi du Private Equity, de l’investissement, en tous cas des investisseurs.
Sandrine Mercier :
Et donc vous êtes là pour les aider aussi à lever des fonds ?
Haweya Mohamed :
Tout à fait. L’idée c’est vraiment de créer le chemin parfait pour que ces gens se rencontrent. Souvent, ils entendent parler des uns et des autres mais ils n’ont pas la possibilité de se rencontrer donc nous on crée la rencontre, on crée une nouvelle forme de poignée de mains. Et la première édition d’Afrobytes, ça a eu lieu en juin dernier et l’objectif c’est aussi de positionner le continent africain aussi autrement. Parce que moi j’ai un parcours de communicante, j’ai travaillé dans des grands groupes dans la communication. Et c’est vrai, qu’aujourd’hui, qu’Afrobytes m’a aussi menée à travailler la marque Afrique. Parce qu’on se rend compte que la marque Afrique est un peu anxiogène.
Et nous on veut redresser un peu l’image du continent africain, on tient à créer un nouvel équilibre médiatique sur ce sujet et faire émerger des nouveaux mots clés. Pour aussi créer l’envie d’aller investir sur le continent africain. Parce qu’une marque est aussi une marque dans laquelle on investit. Donc, nous on part de cette idée là pour faire en sorte que ces personnes-là se rencontrent.
Nous donc on offre de la visibilité et l’opportunité aux tech hubs et aussi aux starts ups africaines de rencontrer des fonds d’investissement. Là, par exemple en juin prochain, on réitère avec une deuxième édition.
L’objectif pour nous c’est de faire venir des fonds d’investissement. Beaucoup de fonds, notamment de la Silicon Valley beaucoup vont venir, notamment le fonds Draper, qui est un gros fonds initié par Tim Draper, qui avait investi dans Skype, dans Tesla, des choses très importantes.
Sandrine Mercier :
C’est des rencontres de visu ? C’est-à-dire il faut se déplacer ?
Haweya Mohamed :
Tout à fait. Ils viennent, tout le monde vient à Paris, parce que Paris est aussi un hub aéroportuaire intéressant. C’est plus facile de venir à Paris que de faire Naïrobi-Dakar. Donc on part du prédicat que Paris est le point de passage-clé pour la tech africaine et donc voilà. Pour la tech africaine, on leur offre de la visibilité, on leur offre la possibilité de rencontrer des investisseurs, on leur offre aussi la possibilité de rencontrer des grands groupes français, qui sont déjà sur le continent africain, où certains veulent s’ancrer, et qui n’ont aujourd’hui pas vraiment la bonne approche. Donc nous on essaie aussi, à notre niveau, d’organiser la meilleure façon de s’y implanter.
Pour la tech européenne, on leur propose aussi de regarder vers le sud. Parce que le continent africain, on se lève à la même heure, on parle la même langue. Donc il y a énormément de possibilités. Pour les entreprises, vous savez que c’est difficile pour elles d’aller sur le continent africain avec leurs structures existantes. Donc l’idée c’est vraiment de pouvoir y aller en mode start-up. C’est un peu comme ça qu’on initie les choses. Et aussi avec autour d’elles des starts ups qui les aideront à s’implanter ou en tous cas à s’ancrer de manière plus intensive sur le continent africain. Et pour les institutions, elles vont être… devoir faire face à la croissance démographique. En 2050, un habitant sur quatre sera sur le continent africain. Le temps est limité pour construire des écoles, pour construire des aéroports etc… Donc l’idée pour nous c’est aussi de les conseiller sur leurs stratégies de manière à ce qu’ils puissent en tous cas se préparer à cette croissance démographique.