RFI –Terrain d’entente, l’art de négocier du 26/7/2025, Les négociations environnementales, comment ça marche ? par Théo Renaudon, 48’30
– Théo Renaudon : Fanny Petitbon, c’est quoi une COP? Ça veut dire quoi, ces trois lettres, C, O, P ?
– Fanny Petitbon : Alors c’est en anglais pour Conference of Parties, donc la conférence des parties, et les parties c’est un nom un peu … un peu du jargon, en fait c’est les États, donc…
– Théo Renaudon : Que les États ?
– Fanny Petitbon: Oui. Les parties, c’est les États, oui.
– Théo Renaudon : Pourquoi on ne dit pas « États », tout simplement ?
– Fanny Petitbon : Alors là, honnêtement, je …
– Aurélien Colson : Ce sont les parties à un texte qui s’appelle la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, et donc tous les États qui ont signé ce texte sont les parties de cet accord.
– Théo Renaudon : C’est quoi le but d’une COP ? C’était quand la première ? Enfin, racontez-nous un petit peu !
– Fanny Petitbon : Alors la première … j’allais dire je n’étais pas née, mais si si, j’étais née, c’était 1995 à Bonn ou Berlin, je crois que c’était Bonn…
– Théo Renaudon : Bonn.
– Fanny Petitbon : Bonn, en Allemagne, est le siège du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. D’ailleurs tous les ans en fait il y a une session de préparation qui a lieu au mois de juin à Bonn, préparation un peu des COP, et puis les COP elles ont lieu en général en novembre, décembre.
– Théo Renaudon : Et donc c’est quoi une COP ?
– Fanny Petitbon : Alors une COP c’est quoi ? C’est un peu comme une grande foire sur le climat, si vous voulez. Vous avez deux zones principales, vous avez une zone bleue, la zone officielle où ont lieu les négociations climatiques, sur différents enjeux. Donc vous avez des équipes de délégations, des délégations gouvernementales, avec des experts, experts qui vont suivre la finance, l’atténuation, qui est le mot pour la réduction des émissions, l’adaptation, pour aider les populations à s’adapter aux impacts, les pertes et dommages, donc comment faire face aux impacts irréversibles du changement climatique, par exemple des territoires submergés par la montée du niveau des mers; les enjeux d’agriculture, les enjeux de genre. Donc voilà, les pays envoient des négociateurs, et les pays, en fait, souvent, ils… en fait ils vont négocier en groupes de négociation. Vous avez l’Union européenne qui parle d’une seule voix, vous avez le groupe des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, les petits États insulaires, les pays de l’ombrelle…
– Théo Renaudon : Donc c’est des espèces d’équipes ?
– Fanny Petitbon : C’est un peu des équipes, et tous les États ne vont pas prendre la parole parce que si à chaque fois, dans chaque salle, il fallait que 197 pays plus l’Union européenne prennent la parole, ce serait une cacophonie terrible.
– Théo Renaudon : C’est quoi, c’est à chaque fois par zone géographique, par intérêt commun ?
– Fanny Petitbon : Alors il y a des zones géographiques, il y a des intérêts communs, il y a des groupes de groupes, il y a notamment le G77 plus la Chine, qui est le plus gros groupe…
– Théo Renaudon : C’est-à-dire un groupe, c’est une équipe dans une équipe ?
– Fanny Petitbon : En fait, le G77, comme son nom ne l’indique pas, est constitué de 135 États, et ça va aussi bien du Vietnam à l’Arabie saoudite, en passant par le Brésil, donc en fait par exemple, dans ce groupe-là, il y a le groupe des petits États insulaires, il y a les pays d’Amérique latine, il y a les pays du Golfe, vous voyez ce que je veux dire. Donc de temps en temps, s’ils arrivent à se mettre d’accord sur une position commune, ces 135 pays parlent d’une seule voix, et puis il peut y avoir des sous-groupes de ce groupe-là qui prennent la voix parce que peut-être ils ne sont pas tout à fait d’accord sur un point, ça peut être le cas du groupe Afrique de temps en temps, bref… et donc ils se parlent, ils échangent des points de vue, et à la fin, ils essaient d’aboutir sur des textes.